Carrera Panamericana 52: un oiseau kamikaze brise la glace…

Le 19 novembre 1952, Mercedes-Benz aligne trois exemplaires de la nouvelle 300 SL au départ de la première étape de la Carrera Panamericana. Deux coupés, pour les équipages Hermann Lang-Erwin Grupp (n°3) et Karl Kling-Hans Klenk (n°4), et un cabriolet pour la paire John Fitch-Eugen Geiger (n°6).

CARRERA PANAMERICAN 52 LES 300 SL

Les Mercedes 300 SL sont données favorites après leur succès aux derniers 24 heures du Mans du 14 et 15 juin 1952, mais le Mexique n’est pas la Sarthe. Les huit étapes du parcours de 3111 km tracé entre Tuxtla Gutiérrez (ville de départ) et Ciudad Juárez (ville d’arrivée), comptent de nombreux tronçons à 2000 m d’altitude et même un passage au-delà de 3000 m. Pour se préparer à ces conditions extrêmes, les équipages Mercedes sont partis rouler sur les pentes du Glockner, plus haut sommet d’Autriche. Conditions idéales pour essayer les nouvelles 300 SL dans un environnement aussi éprouvant que celui auquel elles vont être confrontées au Mexique.
Quand Hans Klenk et Karl Kling s’élancent à l’aube, ils ne peuvent imaginer que l’impensable les guette quelques kilomètres plus loin.
Alors que la 300 SL roule à plus de 200 km/h, en retrait de la route perchée sur un arbre, une bande de volatiles, effrayée par le rugissement du six cylindre en ligne, s’envole. L’un d’entre eux entreprend de traverser la route et percute de plein fouet le pare-brise de la Mercedes au niveau du copilote.

CARRERA PANAMERICANA 52 PARE BRISE EXPLOSE PAR UN OISEAU

L’oiseau explose la vitre, heurte Klenk, avant d’être finalement expulsé par les remous de l’air et les efforts des deux hommes. Kling lève le pied, secoue son camarade qui a perdu connaissance. Le navigateur a le visage en sang, coupé çà et là par les éclats de verre. Il reprend ses esprits et hurle à son camarade « Geh weiter ! Geh weiter ! », « Continue ! Continue ! ». Kling « remet le pied au fond » et file vers le ravitaillement 70 kilomètres plus loin. Klenk se nettoiera alors sommairement le visage et débarrassera l’habitacle des morceaux de verre… et des plumes !

CARERRA PANAMERICANA 52 ASSISTANCE
CARRERA PANAMERICANA ASSISTANCE 2

Le soir à l’étape, qu’ils rejoignent à la quatrième place, les mécaniciens de l’équipe Mercedes vont remplacer le pare-brise et ajouter huit barres verticales en aluminium pour le protéger, au cas où un autre oiseau kamikaze aurait à nouveau l’idée de traverser devant la voiture.

CARRERA PANAMERICANA 52 PARE BRISE RENFORCE

Quatre jours plus tard, après avoir brisé la barre des 165 km/h de moyenne sur les 3111 km de l’épreuve, notamment lors d’une dernière journée de folie où ils vont passer de la quatrième à la première place au fil des spéciales, Kling et Klenk entrent en vainqueurs dans Ciudad Juárez.
Leur plus belle victoire et la plus célèbre de la Carrera Panamericana.

Laurent Escoula

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