MERCEDES-BENZ AUTO 2000 : UNE RÉPONSE À LA CRISE PÉTROLIÈRE DES ANNÉES 70

Dévoilé au salon international de Francfort en 1981, le concept Auto 2000 se présentait comme étant la réponse de Mercedes-Benz au défi lancé par le Ministère Allemand de la recherche et de la technologie.

Par Laurent ESCOULA
Photos : Mercedes

À la fin des années 70, la crise pétrolière sévit dans le monde entier. En Allemagne, le gouvernement va alors initier un projet baptisé Eco 2000 via son Ministère Allemand de la recherche et de la technologie. L’objectif du projet était de réduire de manière très significative la consommation des voitures en développant une motorisation dont la consommation n’excéderait pas 11 l/100 pour un véhicule au poids maximum de 2.150 kg et 9,5 l/100 pour un véhicule plus léger (de 1.205 à 1.700 kg).

Aérodynamisme retravaillé

Pour relever ce défi, Mercedes-Benz décida de modifier une de ses Classe S (W 126) qu’il rebaptisa Auto 2000. Avant de s’attaquer à l’épineux problème de la motorisation, les ingénieurs se penchèrent sur l’aérodynamisme du véhicule afin de réduire sa traînée et de réduire son coefficient de pénétration dans l’air (Cx). L’ Auto 2000 reçut ainsi une face avant modifiée, des essuie-glaces dissimulés et une partie arrière à la ligne fuyante nommée Kamm-tail qui devait offrir une meilleure traînée aérodynamique à la voiture. Le travail des ingénieurs fut payant, car l’Auto 2000 affichait un Cx de seulement 0,28. À titre de comparaison, la CLA actuelle (33 ans plus jeune) affiche un Cx de 0,23.

Trois versions, trois moteurs

Afin d’atteindre ses objectifs, Mercedes-Benz ne se cantonnera pas à la mise au point d’une seule motorisation. Il va en effet étudier trois solutions susceptibles de faire baisser les consommations. Le premier de ces blocs était un V8 essence de 3.8 qui inaugurait la technologie de désactivation de cylindre, technologie qui venait à peine d’apparaître en production. La deuxième version expérimentait un moteur diesel 6 cylindres de 3.3 équipé de deux turbos. Les consommations obtenues avec ce bloc diesel se révélèrent incroyables pour l’époque avec seulement 7,5 l/100 km à une vitesse stabilisée de 120 km/h. Pour la dernière solution testée, la moins concluante, le constructeur à l’étoile opta pour une turbine à gaz. Bien que le moteur turbine ne soit pas vraiment connu pour sa frugalité, Mercedes décida toutefois d’en étudier la faisabilité, car cette technologie présentait certains avantages : une combustion « propre », un faible poids, des dimensions compactes et ne nécessitait aucun système de refroidissement. Malgré tout, l’appétit de la turbine demeura trop important et son utilisation dans le monde de l’automobile fut rapidement abandonnée.

Aujourd’hui, l’unique exemplaire restant de ce concept Auto 2000, la version diesel, peut être admiré au musée Mercedes-Benz de Stuttgart.

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