Il faudra attendre vingt ans de développement de l’automobile pour qu’apparaissent les premières voitures de « grand tourisme » ou GT. Le terme recouvre deux notions qui se développeront progressivement : le confort rapide sur route ouverte et le sport sur circuit. Une GT permet, dit-on, de faire ses courses en semaine et de gagner une course le dimanche. Ainsi, une bonne GT saura se battre sur circuit avec des barquettes de catégorie Sport, mais également abattre les 210 km d’un Paris Deauville en 2 h 10. C’est ce genre de voitures à la fois sportives et confortables que va développer Mercedes, puis Mercedes-Benz.

Texte : Gilles Baillon – Photos : Daimler AG

PREMIÈRES SPORTIVES

Dans les années 1910, ce qui ne se nomme pas encore le marketing laisse les sages modèles de Benz & Cie à l’écart du sport et de la performance. On se soucie plutôt de la solidité et du sérieux de fabrication qui attirent plutôt les taxis, par exemple, et cela dure jusqu’à la fusion de 1926. Mais, chez Daimler Motoren Gesellschaft, on participe avec succès aux courses automobiles et des Mercedes sportives sont déjà produites entre 1910 et 1914 avec les modèles 37/90 puis 38/100. Si 38 fait référence au nombre de chevaux fiscaux, 100 désigne une puissance réelle élevée à cette époque pour une voiture commercialisée. Mais, avec un quatre cylindres, il faut près de 10 litres de cylindrée pour atteindre cette puissance qui permet alors de friser les 120 km/h. Des chiffres flatteurs qui montrent qu’on roule en sportive… D’ailleurs cela se voit : on enlève ou on masque les phares, les garde-boues sont minimalistes, comme la capote ou l’équipement. Le temps n’est pas encore venu d’associer sport et confort.

LES MERCEDES 37/90 ET 28/95

La Grande Guerre marque une évolution dans de nombreux domaines, dont l’automobile, d’autant que le conflit, hélas, soutient le progrès technologique. En 1914 apparaît la Mercedes 28/95 dont le beau six cylindres de 7 280 cm3 donne 95 ch. Avec ses 1 800 kg sur la balance, la voiture s’est allégée de 150 kg par rapport au modèle précédent et son moteur tourne plus vite, jusqu’à 1 800 tr/mn. Ces progrès lui permettent d’atteindre les 138 km/h, ce qui est alors considérable pour une automobile commercialisée. Carrossée en sport à deux places ou en petite torpédo à deux portières, la 28/95 connaitra un long succès de dix ans, jusqu’en 1924.

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