C’est en 1990 au salon de Genève, que Mercedes-Benz dévoile l’Evolution II de la 190 E 2.5-16, soit un an après avoir présenté l’Evolution I. Respectivement fabriquées à 502 exemplaires, juste de quoi avoir le droit de courir en DTM, elles embarquent un moteur Cosworth 2.5 à peine plus sage que la version course.

Par Laurent Escoula

Généralement appelée « Evo II » par ses fans, c’est l’Evolution II qui reste aujourd’hui dans les mémoires, tant pour ses 235 chevaux que pour son aéro extravagante. Jugez par vous-même : cette garde au sol, ces ailes élargies et cet aileron démentiel à l’arrière ! Nous avons là une véritable voiture de course homologuée sur route !

Un aileron arrière mémorable

Cet incroyable aileron arrière a probablement contribué à faire de l’Evo II l’une des voitures de série Mercedes-Benz les plus accrocheuses en 1990 depuis la 300 SL « Gullwing » (W 198) de 1954. Développé par l’ingénieur en aérodynamique Rüdiger Faul (Développement Mercedes-Benz à Sindelfingen) en collaboration avec le professeur Richard Läpple de l’Université de technologie de Stuttgart, cet aileron arrière embarquait un volet rétractable sur la traverse supérieure alors que la bande inférieur pouvait être inclinée. Le spoiler avant, quant à lui, était réglable en deux étapes dans le sens longitudinal.

Un moteur issu de la série

Développé sur la base du moteur de la série 190 E 2.5-16, le moteur M 102 à quatre cylindres de 173 kW (235 ch) a été développé par le Dr Jörg Abthoff, responsable du développement avancé des moteurs, et de ses collègues Rüdiger Herzog, Dag-Harald Hüttebräucker et Rudolf Thom. Le moteur de l’Evo II proposait une course plus courte (82,8 millimètres) et un alésage plus grand (97,3 millimètres) ainsi que deux catalyseurs. Le régime maximal atteignait 7 700 tr/min grâce, entre autres, à la réduction du poids de la bielle, le remplacement des huit contrepoids du vilebrequin par quatre et la conversion de l’entraînement de l’arbre à cames d’une chaîne à rouleaux duplex à une chaîne à rouleaux simplex.

Une redoutable voiture de course

L’Evo II ne se contente pas d’en mettre plein la vue : c’est une véritable bête de course dont les performances sur circuit ont largement contribué au mythe ! Au programme, différentiel à glissement limité, zone rouge repoussée et boîte de vitesses « dogleg » (la 1ère est en bas à gauche) à cinq rapports conçue par Getrag, direction plus incisive, des freins plus gros, des voies avant et arrière élargies… et enfin une suspension ajustable plus ferme, du jamais vue sur une W201 auparavant.

Les 190 E et le DTM

Les voitures de course de tourisme DTM dérivées de la 190 E 2.5-16 Evo II ont pleinement répondu aux attentes. L’Evo II a fait ses débuts en course le 16 juin 1990 sur la Nordschleife du Nürburgring. Pour la dernière course DTM de la saison, le 15 octobre 1990 au Hockenheimring, toutes les équipes d’usine ont couru à bord du modèle EVO II. Kurt Thiim a remporté la première victoire de cette voiture le 5 août 1990 lors de la première manche de la course sur l’aérodrome de Diepholz. En 1991, Klaus Ludwig est devenu vice-champion DTM et en 1992, il a remporté le championnat des pilotes DTM devant Kurt Thiim et Bernd Schneider. Au cours de la saison 1992 du championnat, les pilotes de Mercedes-Benz ont remporté pas moins de 16 des 24 courses DTM avec l’Evo II.

Les moteurs utilisés dans le DTM sont dérivés des moteurs à quatre cylindres en ligne utilisés dans les véhicules de série. Néanmoins, la puissance a été augmentée pour passer de 173 kW (235 ch) pour la version de production EVO II à 274 kW (373 ch). Ce sera, d’ailleurs, le dernier moteur DTM conçu dans le département de développement des moteurs de Mercedes-Benz, AMG ayant repris le développement des moteurs de course Mercedes.

Photos Mercedes Medias